faire l'amour pendant les règles

Sexualité pendant les règles : faire l’amour pendant les menstruations sans tabou

Parler de sexualité pendant les règles, c’est encore aujourd’hui dérangeant pour plusieurs. On parle de libido, d’orgasme, de fantasmes… mais beaucoup moins de sang menstruel. 

Comme si, soudainement, la sexualité devait disparaître quelques jours par mois… Alors que parfois, c’est le moment où on en a le plus envie! 

Si pour certain·es, l’injonction d’une sexualité “dûe” aux partenaires en couple peut être mise de côté sans devoir s’expliquer pendant cette période, cet état de fait présente un paquet de problèmes. 

Non seulement la sexualité ne devrait jamais être une exigence, ni être partagée sans envie ou sous pression à n’importe quel moment du mois, mais le fait de maintenir cette idée que “pendant les règles, c’est impossible” ou malpropre fait bien mauvaise presse aux menstruations!

Pourtant, les menstruations ne sont ni une anomalie ni une parenthèse. Elles font partie de la réalité biologique de millions de personnes. Alors pourquoi continue-t-on à opposer sexe et menstruations?

  • Peut-on faire l’amour pendant les menstruations?

  • Est-ce plus sécuritaire?

  • Est-ce normal d’en avoir envie?

  • Est-ce normal de ne pas en avoir envie?

La réponse n’est ni morale ni universelle. Elle est intime. Et elle mérite d’être abordée sans honte.

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Pourquoi la sexualité pendant les menstruations reste un tabou

Le sang menstruel dérange. Historiquement, il a été associé à l’impureté, au retrait, au silence. Dans plusieurs cultures, les personnes menstruées étaient mises à l’écart pendant leurs règles. Même aujourd’hui, on chuchote encore le mot “règles”.

Ce tabou influence directement la perception de la sexualité pendant les menstruations.

Dans l’imaginaire collectif, la sexualité doit être :

  • propre,

  • maîtrisée,

  • esthétique,

  • performante.

Or, les règles rappellent que le corps est organique, cyclique, imprévisible.

On nous montre des corps féminins sexualisés partout. Mais rarement des corps menstrués. Comme si le désir devait ignorer la réalité biologique.

Ce décalage crée une pression invisible :

  • cacher son flux,

  • éviter les taches à tout prix,

  • ne pas “dégoûter”,

  • continuer à être désirable.

Cette pression n’est pas anodine. Elle participe à la dissociation entre le corps réel et le corps acceptable.

Réconcilier sexualité et menstruations, c’est refuser cette dissociation. C’est accepter que le corps vivant ne soit pas toujours lisse et maîtrisé.

Libido et cycle menstruel : comprendre le désir cyclique

La libido et le cycle menstruel sont étroitement liés. Contrairement à l’idée d’un désir stable, la libido féminine est souvent rythmée par les variations hormonales.

Pendant les menstruations, les taux d’œstrogènes et de progestérone sont bas. Cela peut provoquer :

  • une fatigue accrue,

  • une sensibilité émotionnelle,

  • une baisse d’énergie.

Pour certaines personnes, cela signifie moins de désir. Le corps réclame du repos.

Mais pour d’autres, c’est l’inverse.

Pourquoi certaines personnes ressentent plus de désir pendant leurs règles

Plusieurs facteurs peuvent expliquer une augmentation de la libido pendant les menstruations :

  1. La congestion pelvienne : l’afflux sanguin peut augmenter la sensibilité des organes génitaux.

  2. La lubrification naturelle : le flux peut réduire les frottements.

  3. La recherche de soulagement : l’orgasme libère des endorphines qui diminuent les crampes.

  4. La vulnérabilité émotionnelle : certaines personnes ressentent un besoin accru de proximité.

Il n’y a pas de norme.

Le problème survient lorsqu’on compare son désir à une attente extérieure. Le désir féminin a longtemps été perçu comme secondaire ou problématique. On attendait qu’il s’adapte.

Or, comprendre que la libido fluctue permet de normaliser ses variations.

La question n’est pas : “Est-ce que je devrais avoir envie?”
Mais plutôt : “Est-ce que j’en ai envie, moi, ici et maintenant?”

faire l'amour pendant les menstruations

Est-ce plus sécuritaire d’avoir des rapports avec pénétration pendant ses règles?

Évidemment, lorsque le corps est en train de laisser s’écouler la couche interne de l’utérus, on est pas mal moins fertiles qu’en pleine phase ovulatoire. 

Si vous pratiquez la sexualité avec pénétration (et attention, ce n’est pas la seule forme de sexualité qui peut résulter en une grossesse) avec un partenaire fertile, les risques ne sont toutefois pas nuls. 

En effet, même si le terrain est moins propice, on peut tomber enceinte à tous moments de son cycle. Sans compter les risques toujours réels d’infections transmises sexuellement. Les précautions d’usage sont donc de mise! 

Le sang menstruel est-il dangereux?

On répond à la question parce qu’on la retrouve dans les remplissages automatiques des recherches Google, et en 2026, il nous semble incroyable d’encore se la poser... Mais évidemment, non. Le sang menstruel n’est pas toxique. Il ne présente pas de danger en soi.

Il s’agit d’un mélange naturel de sang, de cellules de l’endomètre et de sécrétions vaginales.

Il n’y a aucun danger à avoir des relations sexuelles pendant les règles, si cela est confortable.

Et les infections transmissibles sexuellement?

Cependant, le risque de transmission d’ITS peut être légèrement accru pendant les menstruations, notamment parce que le col de l’utérus est un peu plus ouvert.

Le préservatif demeure essentiel pour la protection en cas de pénétration.

Peut-on tomber enceinte pendant les règles?

Contrairement à une croyance répandue, il est possible de tomber enceinte pendant ses règles.

Les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu’à cinq jours dans le corps. Si l’ovulation survient tôt, une fécondation peut se produire.

Les menstruations ne sont pas une méthode contraceptive.

Bref, faire l’amour pendant les menstruations : liberté ou pression ?

Faire l’amour pendant les menstruations devrait toujours relever d’un choix. Pourtant, dans certains cas, la pression peut aller dans les deux sens.

Pression de “continuer comme si de rien n’était”.
Pression de “ne surtout pas”.

Certaines personnes apprécient :

  • le soulagement des douleurs,

  • la sensation de chaleur,

  • la connexion intime.

D’autres préfèrent s’abstenir :

  • douleurs importantes,

  • fatigue extrême,

  • inconfort psychologique,

  • besoin d’intimité avec soi-même.

Le féminisme sexuel consiste à reconnaître que le désir n’est jamais dû.

Tu n’as pas à accepter un rapport pour rassurer quelqu’un.
Tu n’as pas non plus à t’interdire le plaisir par peur d’être jugée.

La liberté inclut toutes ces possibilités. Et si tu es de celleux qui souffrent de cette pression, il n’y a pas de culpabilité à avoir. On vit dans une société modelée par des milliers d’années d’incompréhension et de répression sexuelle et féministe, la pression est bel et bien là. 

Mais n’hésite pas à consulter une sexologue pour t’aider à ouvrir le dialogue, que ce soit avec toi-même ou ton ou ta partenaire. On a toustes droit à la liberté sexuelle totale!

Sexualité et menstruations : repenser l’intimité

Quand on parle de sexualité et menstruations, ou de sexualité tout court d’ailleurs…le script sexuel social général nous renvoie immanquablement à la sexualité avec partenaire, avec pénétration. Pourtant, l’intimité est beaucoup plus vaste.

Les règles peuvent être une occasion de ralentir.

Explorer :

  • les caresses prolongées,

  • les massages,

  • la masturbation solo ou mutuelle,

  • la sensualité lente,

  • la communication verbale,

  • la proximité affective.

Sortir du scénario “classique” permet d’élargir la définition du plaisir.

Cela peut aussi renforcer la connexion émotionnelle. Parler de ses règles, de ses sensations, de ses limites, crée une intimité plus profonde.

Le consentement devient central.

Dire :
“Je me sens vulnérable aujourd’hui.”
“J’ai envie, mais doucement.”
“Je préfère attendre.”

Ce type de dialogue transforme la relation.

Comment avoir des relations sexuelles pendant les règles plus confortablement

Pour celles et ceux qui choisissent d’avoir des relations sexuelles pendant les règles, quelques ajustements pratiques peuvent faire toute la différence.

Préparer l’espace

Mettre une serviette foncée sur le lit.

Garder une débarbouillette ou des lingettes à proximité.

Privilégier la douche si cela rassure.

Ces gestes simples réduisent l’anxiété et peuvent rendre l’expérience plus confortable et réduire la gestion de l’environnement par la suite! 

Adapter le rythme et les positions

Le col de l’utérus peut être plus sensible. Des positions moins profondes peuvent être plus confortables. C’est le moment de s’écouter, et de respecter son corps et ses besoins.

Ralentir. Respirer. Observer les sensations.

Le corps menstrué mérite de la douceur. Pas ton truc? Vas-y à ta façon! 

Le disque menstruel : une autre option pour maintenir la pénétration

Certaines personnes souhaitent maintenir une sexualité avec pénétration pendant leurs règles, tout en limitant le flux visible et les risques de fuites et de taches sur les draps.

Le disque menstruel, comme le disque Fornix, peut être une bonne option!

Contrairement à la coupe menstruelle, il se positionne dans le fornix vaginal, plus profondément, près du col de l’utérus. Il laisse ainsi le canal vaginal complètement libre, ce qui peut permettre des relations sexuelles avec pénétration pendant qu’il est en place.

On nous a même soufflé à l’oreille que les personnes qui l’utilisent remarquent une augmentation du plaisir… Pourquoi ne pas l’essayer!

Pour certaines, cela offre :

  • plus de liberté,

  • moins d’anxiété,

  • une solution confortable et discrète.

Cependant :

  • Il ne protège pas contre les ITSS.

  • Il ne prévient pas une grossesse.

  • Il doit être bien positionné pour être confortable.

L’objectif n’est pas de normaliser la pénétration à tout prix, mais de donner des options.

Connaître ses options, c’est exercer son autonomie.

disque menstruel penetration

Déconstruire la honte : un geste politique

La honte menstruelle n’est pas qu’une affaire personnelle. Elle est culturelle.

Pendant des siècles, les corps menstrués ont été invisibilisés, médicalisés, contrôlés.

Parler ouvertement de sexualité pendant les règles, c’est participer à un changement social.

C’est dire :

  • Le sang menstruel n’est pas sale.

  • Le désir et le plaisir féminins ne sont pas accessoires.

  • Le corps cyclique n’est pas un obstacle.

Reprendre le pouvoir sur son corps, c’est aussi accepter qu’il ne soit pas toujours le même.

Honorer son rythme

Certaines personnes vivent leurs règles comme un moment d’introspection. D’autres comme un moment d’énergie créatrice. Certaines ne ressentent rien de particulier.

Il n’y a pas de modèle unique.

La sexualité peut être intense à l’ovulation, douce pendant les règles, absente certains mois, ou complètement le contraire, voire changer tous les mois!

Et tout cela est valide.

La vraie révolution n’est pas d’avoir des relations sexuelles pendant ses règles.
La révolution, c’est de pouvoir choisir sans pression et sans attentes.

Choisir le oui.
Choisir le non.
Pouvoir dire peut-être et changer d’idée.

Sans honte.
Sans pression.
Sans justification.


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